28052009

L' ère de la raison et de la science sombre dans un paradoxe grinçant.
Déforestation, catastrophes d'origine humaine ou naturelle, pollution, épuisement des ressources, détraquement climatique, montée des océans : Chaque jour on nous annonce à la télévision ou sur internet que le grand dérèglement incontrôlable prévu par les scientifiques se rapproche, l' inquiétude se fait sentir.
Cette angoisse actuelle de l'Homme face à son devenir et celle de sa planète s'apparente tout à fait au mythe du déluge et à l' avènement du Chaos.
La boîte de Pandore semble avoir été ouverte pour de bon.
Un glissement s'opère.
Dans ma pratique picturale, la peinture me permet alors d' avaler, de transformer et de digérer toutes ces images et informations issus des médias : la toîle et le papier en acceuillent les métamorphoses qui puisent également leur inspiration dans l' Histoire et l' histoire de l' art .
Ainsi dans mon théâtre fantasmagorique, des chimères antiques réinterprétées cotoient les animaux transgéniques dans un paysage post-apocalyptique.
Les êtres “mutants” ne sont plus le résultat de l' évolution mais des explosions nucléaires et des épandages de pesticides.
Les nouveaux abysses sont parsemés des vestiges humains et le sacré reprend du service pour couronner le tout.
La re-création du monde qui advient après le cataclysme est ici mise en scène, exposant tous ses résidus intemporels dans une tragi-comédie à mi-chemin entre cauchemar et conte métaphorique.

 

Mael Nozahic takes apocalypse as an idyll. A place without fears, without emotion. No suffer, no fun. Just transformation. Her figurative anthropology turns into delicate psycho when her monstrous mutations melt together in brutal sympathy and postgenetic love. Nightmares are sweet dreams. And sweet dreams are nightmares. In her paintings the pure innocence of nature starts on a cruel level. From here it grows and raises up to fancy forms of poetry and horror, comic and beauty. Fine and shiny watercolours create a dark and absurd universe. But nothing here is pessimistic, rather opti-mystic. Enigmatic atmosphere enlights the scene and opens the arena for a chaotic circus between fairytale and future. Ingo Gerken